Deux jours. C’est l’écart qui sépare la sortie de Claude Fable 5.1 de celle de GPT-6 Astra. Anthropic a dégainé le 1er septembre 2026, OpenAI a répliqué le 3. Depuis, la même question revient dans tous les commentaires de mes vidéos : lequel des deux faut-il utiliser au quotidien ?
J’ai voulu y répondre autrement qu’avec des graphiques de benchmarks. J’ai donc donné exactement le même prompt aux deux modèles pour reconstruire cinq SaaS complets, et je suis allé voir ce que trois autres testeurs ont obtenu de leur côté sur des exercices totalement différents : du clone d’application, de la 3D, une page de vente, un jeu vidéo, et même le lancement d’un business de A à Z.
Le résultat est plus nuancé que le « Astra écrase tout » qu’on lit partout. Il y a un domaine où Fable 5.1 gagne haut la main, et ce n’est pas celui auquel on pense. Je vous montre les chiffres, les captures et le verdict de chaque test.
Fable 5.1 et GPT-6 Astra : ce que les deux éditeurs annoncent
Avant de comparer les résultats, posons les faits. Les deux modèles se ressemblent beaucoup sur le papier, et c’est déjà une information en soi.
| Claude Fable 5.1 | GPT-6 Astra | |
|---|---|---|
| Éditeur | Anthropic | OpenAI |
| Sortie | 1er septembre 2026 | 3 septembre 2026 |
| Fenêtre de contexte | 1 000 000 tokens | 1 050 000 tokens |
| Prix API (entrée / sortie) | 10 $ / 50 $ par million | 10 $ / 50 $ par million |
| Lecture du cache | 0,25 $ par million | 1 $ par million |
| Au-delà de 272 000 tokens | Tarif inchangé | 20 $ / 75 $ par million |
| Agent de code | Claude Code | Codex |
| Génération d’images | Non | Oui, avec gpt-image-2 |

Le tarif affiché est rigoureusement identique : 10 dollars le million de tokens en entrée, 50 en sortie chez les deux. La différence se joue ailleurs. Fable 5.1 facture la lecture de son cache quatre fois moins cher, ce qui compte énormément sur une longue session de code où le même contexte est relu en boucle. À l’inverse, Astra double son tarif d’entrée dès qu’une requête dépasse 272 000 tokens, là où Fable garde le même prix jusqu’au million.

Une différence pèse plus lourd qu’il n’y paraît : Astra sait produire des images, en s’appuyant sur gpt-image-2 qui est intégré à l’offre. Fable 5.1 n’a aucun équivalent, il ne génère que du texte. Ça semble anecdotique sur une fiche technique, et pourtant c’est exactement ce qui explique qu’une landing page signée Astra arrive avec de vraies photos quand celle de Fable se contente d’un dégradé.
Les benchmarks officiels ne départagent pas grand-chose
Si vous attendiez un écrasement, vous allez être déçu. Sur Terminal-Bench 4.0, le test de référence pour les tâches en ligne de commande, OpenAI annonce 57,9 % pour Astra contre 55,8 % pour Fable 5.1. Deux points d’écart. Sur les tâches scientifiques de Terminal-Bench, l’écart se creuse nettement en faveur d’Astra : 64,6 % contre 52,6 %.
Mais l’inverse existe aussi. Sur Humanity’s Last Exam avec outils, Fable 5.1 monte à 65 % quand Astra plafonne à 57,2 %. Et sur l’indice d’intelligence agrégé d’Artificial Analysis, c’est encore Fable 5.1 qui passe devant, avec 65,7 contre 61,2.
Autrement dit, chacun a choisi les tests où il brille. C’est le jeu, et c’est précisément pour ça que les essais en conditions réelles valent mieux qu’un tableau de pourcentages. Notez au passage qu’aucun des deux éditeurs n’a publié de score SWE-bench Verified cette fois, ce qui en dit long sur la façon dont ces classements sont construits. Si vous voulez le panorama complet des modèles du moment, je tiens à jour mon classement des meilleurs LLM.
Mon test : cinq SaaS reconstruits avec un seul prompt
Voici mon protocole. Le site Can I Vibecode It recense plus de 1 000 SaaS et fournit, pour chacun, un prompt prêt à coller. J’en ai pris cinq, je les ai traduits en français, et j’ai lancé rigoureusement le même prompt dans Claude Code avec Fable 5.1 d’un côté, dans Codex avec GPT-6 Astra de l’autre. Les deux premiers tournent en local, les trois suivants sont déployés sur un VPS avec base de données et authentification.
| SaaS recréé | Fable 5.1 | GPT-6 Astra | Gagnant |
|---|---|---|---|
| Typeform | 14 min 16 s, environ 6 $ | 10 min 02 s | Match nul |
| Linktree | 19 min 52 s, 3 à 5 $ | 15 min | Match nul |
| Invoice Ninja | 37 min, 3,70 $ | 28 min 19 s | Astra |
| Postiz | 48 min, environ 4 $ | 25 min | Astra |
| DocuSign | Durée non affichée | 36 min | Fable 5.1 |
Sur Typeform, les deux livrent un formulaire qui fonctionne exactement comme l’original. Fable reste collé à la commande, Astra prend l’initiative de créer un outil équivalent baptisé Sillage plutôt qu’une copie conforme. Sur Linktree, c’est kif-kif : aucun des deux n’a produit l’éditeur en glisser-déposer, mais c’était ma faute, je ne l’avais pas précisé dans le prompt.
C’est sur l’outil de facturation que l’écart devient flagrant. Au niveau du design, c’est le jour et la nuit. Astra livre une vue d’ensemble, les factures, les clients, la configuration, et un PDF propre. Fable sort une interface fonctionnelle mais très pauvre, avec une facture dont les marges débordent. Même constat sur le planificateur de réseaux sociaux, où Astra a mis 25 minutes contre 48 à Fable, pour une landing page qui n’a rien à voir.
Le renversement arrive sur DocuSign. Là, Fable 5.1 livre l’outil le plus complet des cinq : signature fonctionnelle, historique du document, OCR, filigranes, rotation et réorganisation des pages. Astra fait plus joli mais n’a même pas préparé d’exemple, ce qui rend la démonstration difficile.
Ma conclusion sur cet exercice précis : Astra est plus performant pour sortir un SaaS présentable en un seul prompt, et surtout beaucoup plus créatif sur le design. Fable, lui, suit les instructions à la lettre, et il est nettement plus lent. Aucun des deux ne produit un SaaS livrable en une seule passe, il faut toujours plusieurs allers-retours.
Un mot sur l’infrastructure, parce que c’est le vrai point de blocage. Pour héberger ces outils avec une base de données et de l’authentification, je passe par un VPS Hostinger plutôt que par un empilement de services. Un seul serveur accueille des dizaines de projets, et leur connecteur MCP permet de piloter le serveur directement depuis Claude Code ou Codex. J’ai détaillé cette approche dans mon article sur comment héberger un SaaS sur un VPS.
Cinq projets, cinq verdicts : le test de Shubham Sharma
L’idée du duel, je la reprends de Shubham Sharma, qui a fait tourner les deux modèles toute une nuit sur cinq projets très différents des miens. Son protocole est strict : Claude Code à gauche, Codex à droite, niveau d’effort élevé des deux côtés, et interdiction de poser des questions.
- Recréer Notion : Fable finit plus vite et livre le clone le plus fidèle, avec les commandes slash et les rétroliens. Astra fait plus beau, gère mieux les listes à cocher et l’upload d’images, mais ajoute des dossiers et des espaces qui n’étaient pas demandés. Verdict : Fable, pour la fidélité. Coût API équivalent, 7,75 $ contre 6,03 $.
- Une carte 3D d’Annecy dans le navigateur : Astra sort des bateaux qui naviguent, des ombres crédibles et un cycle jour-nuit, en 20 minutes et 6,30 $. Fable met 27 minutes, produit des bâtiments cubiques, et coûte 16,61 $. Astra gagne largement.
- Refaire une page de vente existante : le détail qui tue, c’est qu’Astra a cliqué sur les liens de la page d’origine, compris qu’une offre n’existait plus, et l’a retirée de lui-même. Fable l’a recopiée telle quelle. Astra gagne.
- Une app iPhone qui scanne les notes de frais : Fable livre en 5 minutes une app qui marche mais dont l’interface est indigente. Astra prend plus de temps, coûte 10 $ contre 4,37 $, et sort une vraie application avec catégories automatiques et total. Astra gagne.
- Un MacBook Pro en vue éclatée 3D : durées équivalentes, mais 4,76 $ pour Astra contre environ 10 $ pour Fable. Sur le rendu, Shubham préfère légèrement la version de Fable, plus lisible.
Son verdict : ses prochains projets passeront par Astra. Le seul exemple où il aurait gardé Fable, c’est le clone de Notion, précisément parce qu’il fallait respecter une consigne à la lettre. Vous noterez que c’est exactement la conclusion à laquelle je suis arrivé de mon côté.
Fortnite, landing page et motion design : le test de Chase AI
De son côté, Chase AI a poussé les deux modèles sur quatre exercices, dont un franchement ambitieux : recréer Fortnite jouable dans le navigateur, avec 99 bots et un système d’armes, en un seul prompt.
Astra livre en 45 minutes un jeu avec écran de sélection, saut en parachute, ramassage d’armes et construction. Fable met une heure et demie et 750 000 tokens pour un résultat plus brut, avec une caméra difficile à manier et des animations bancales. Sur la landing page d’un site de voyage, l’écart est encore plus marqué : Astra va chercher de vraies images et sort une page qui ne sent pas l’IA, quand Fable produit un dégradé bleu très générique.
Le quatrième test est plus intéressant. Sur un tableau de bord avec globe 3D, Fable part dans le spectacle visuel : animations partout, tarifs en direct, effets lumineux. C’est impressionnant, mais Chase AI tranche en faveur d’Astra parce que le résultat est plus propre et surtout plus proche d’un produit utilisable. Fable privilégie l’effet, Astra privilégie la finition. Sur le motion design, en revanche, les deux se valent.
Bilan : trois victoires pour Astra, une égalité. Chase AI ajoute un argument qui n’a rien à voir avec la technique et qui pèse pourtant lourd, celui des quotas d’usage sur les abonnements Anthropic, qu’il juge moins généreux que ceux d’OpenAI.
Le test où Fable 5.1 écrase Astra
Jusqu’ici, tout accuse Astra. Sauf qu’aucun de ces trois tests ne sort du code et du design. Emilio Business a posé une tout autre question aux deux modèles : lancer le business en ligne le plus rentable possible, de la niche jusqu’à la séquence d’emails.
Fable 5.1 choisit une niche pointue, la peur de conduire chez les adultes qui ont déjà le permis, et déroule un lancement complet : un lead magnet, une page de vente qui démonte les fausses solutions avant d’amener l’offre à 1 490 €, une séquence de sept emails avec des histoires clients détaillées, et un compte à rebours evergreen déclenché à l’inscription.
Astra part sur les cadres de plus de 50 ans, avec une offre à 2 490 € et un formulaire de qualification bien construit. Mais il commet une erreur de débutant en copywriting : il affiche le prix high ticket dans l’en-tête de la page de vente, avant même d’avoir vendu quoi que ce soit. Et il met un lien hypertexte là où il faut un bouton.
Le verdict d’Emilio est sans appel : Fable l’emporte haut la main. Ce qui change tout dans la lecture de ce comparatif. Astra domine dès qu’il s’agit de produire du visuel et du code. Fable reprend l’avantage dès qu’il s’agit d’écrire pour convaincre, de tenir un raisonnement commercial et de respecter une consigne précise. Ce n’est pas un hasard si Claude reste la référence pour la rédaction de contenu, comme je l’observe aussi dans mon comparatif des générateurs de code IA.
Le bilan des quatre tests
| Type de tâche | Gagnant | Pourquoi |
|---|---|---|
| Design d’interface | GPT-6 Astra | Rendu plus propre, vraies images, moins d’effet IA |
| Création 3D | GPT-6 Astra | Nettement plus détaillé, et moins cher |
| Vitesse d’exécution | GPT-6 Astra | Jusqu’à deux fois plus rapide sur mes tests |
| Respect strict de la consigne | Claude Fable 5.1 | Ne brode pas, ne rajoute rien |
| Profondeur fonctionnelle | Claude Fable 5.1 | Le DocuSign le plus complet des deux |
| Copywriting et marketing | Claude Fable 5.1 | Structure de vente et séquence email supérieures |
| Coût sur longue session | Claude Fable 5.1 | Cache quatre fois moins cher, pas de surcoût au-delà de 272K |
| Motion design | Égalité | Les deux appellent correctement les outils externes |
Lequel choisir selon ce que vous faites
Il n’y a pas de gagnant absolu, il y a des usages. Voici comment je trancherais à votre place.
Vous créez des interfaces, des sites ou des prototypes visuels : prenez GPT-6 Astra. L’écart de rendu est trop net pour être ignoré, et les trois testeurs arrivent à la même conclusion indépendamment. Sa capacité à générer ses propres images pèse lourd dans ce résultat.
Vous écrivez du contenu, des pages de vente ou des séquences email : restez sur Claude Fable 5.1. C’est le seul terrain où Astra se fait battre franchement, et la différence ne tient pas au style mais à la logique commerciale.
Vous travaillez sur une base de code existante : Fable 5.1 reste mon choix. Sur une longue session, son cache quatre fois moins cher change vraiment la facture, et le fait qu’il ne prenne pas d’initiative devient une qualité quand il touche à du code que vous connaissez par cœur.
Vous partez de zéro sur un projet neuf : Astra. Il va plus vite, il propose davantage, et ses initiatives sont en général de bonnes surprises, comme cette offre périmée qu’il a détectée tout seul.
Mon avis final
Ce qui me frappe après ces quatre tests, ce n’est pas l’écart entre les deux modèles. C’est à quel point le résultat dépend de la tâche qu’on leur confie. Sur onze exercices cumulés, Astra en remporte sept, Fable trois, et un se termine à égalité. Le score semble net, sauf que les trois victoires de Fable tombent toutes dans la même catégorie : celle où il faut suivre une consigne et raisonner plutôt que produire du visuel.
Si je devais n’en garder qu’un aujourd’hui pour créer un produit de zéro, ce serait GPT-6 Astra. Il est plus rapide, plus créatif, et il demande moins d’allers-retours pour arriver à quelque chose de présentable. Mais je continue à travailler avec les deux, parce que le jour où j’écris une page de vente ou que je touche à du code en production, c’est Fable 5.1 que j’ouvre.
Et le vrai enseignement de tout ça n’est peut-être ni Astra ni Fable. Deux jours d’écart entre deux modèles, et déjà deux philosophies différentes. Celui qui sortira dans trois mois rebattra les cartes une fois de plus. Mieux vaut savoir ce qu’on attend d’un modèle que parier sur le nom du moment.